');

Étude sur les Français de Belgique: Nous ne sommes pas des exilés fiscaux!

Étude sur les Français de Belgique: Nous ne sommes pas des exilés fiscaux!

Le Consulat général de France à Bruxelles a récemment publié une étude sur la communauté des Français en Belgique qui confirme les tendances que nous avions observées.

Cette étude confirme tout d’abord que la communauté française en Belgique est en forte croissance: il y avait 117 318 inscrits sur les listes consulaires début avril 2014, soit près de 40% en plus par rapport à 2007. La moitié d’entre eux réside dans l’agglomération Bruxelloise. La population française est caractérisée par une moyenne d’âge très basse (37 ans pour les sondés; la moitié des ressortissants aurait moins de 40 ans).

Environ un cinquième des inscrits déclare avoir une double nationalité, mais ce chiffre serait en fait beaucoup plus élevé: en effet, moins de la moitié des français résidant en Belgique sont inscrits au consulat. La communauté française en Belgique représente ainsi une des communautés françaises à l’étranger les plus importantes, et le consulat est le troisième poste consulaire français au monde par le nombre de français inscrits au registre consulaire mondial.

Pourquoi ces Français viennent-ils en Belgique? Contrairement aux mythes sur l’évasion fiscale, les Français de Belgique viennent travailler (73% exercent une activité professionnelle), étudier (16 000 étudiants français inscrits au Consulat), trouver une place en maison de retraite (3000 personnes âgées concernées), ou en institut spécialisé dans le handicap (6 500 personnes concernées).

L’étude du consulat avance plusieurs facteurs expliquant la taille de la communauté française en Belgique: une langue commune, une zone frontalière étendue, le bon accueil que nous trouvons en Belgique, l’importance des échanges commerciaux, l’importance des capitaux français investis dans des entreprises belges.

Les évadés fiscaux ne représenteraient ainsi que 1% des inscrits au consulat – une réalité bien éloignée des 2 000 à 15 000 évadés fiscaux évoqués par la presse.

Plus préoccupante en revanche est la situation des 1777 Français-es qui ont perdu leur droit de séjour en Belgique en 2013. En faisant du porte-à-porte à Arlon le week-end dernier, nous avons rencontré une française qui s’est retrouvée, il y a quelques années, dans cette situation. Venue étudier, puis restée en Belgique pour travailler et restee près de son compagnon Belge, elle a accumulé, comme de nombreux jeunes qui entrent sur le marché de l’emploi, des emplois précaires, parfois au noir. C’est précisément quand, par les hasards de la vie, ces Français-es se trouvent en difficulté financière, qu’ils se tournent vers l’aide sociale et peuvent alors, se voir supprimer leur droit de séjour.

Si ces « expulsions » existent depuis longtemps, c’est le durcissement introduit par la circulaire de mars 2012 qui a multiplié les cas. Les communes peuvent désormais refuser d’aider les arrivants non solvables et en informer l’Office des étrangers, qui peut leur enjoindre de quitter le territoire. Ce durcissement vise principalement mes français installés depuis moins de trois ans, ayant perdu leur emploi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *